Nomade, le guide interprète travaille souvent au rythme des saisons touristiques, de Pâques à octobre. Et pas tous les jours. En anglais et en italien, Elsa manie l’humour.
« Depuis la classe de cinquième, j’ai
axé toutes mes études vers le métier de
guide interprète que j’ai toujours voulu
faire. » Facile, l’orientation pour Elsa Le
Borgne la tenace.
Après son bac littéraire, choisi pour
développer les langues (anglais, italien),
elle part en histoire de l’art. Ses jobs d’été
sont finement choisis : elle accueille les
visiteurs dans une abbaye, à Dinan, et sur
les vedettes touristiques qui remontent la
Rance. Des expériences qui lui permettront
d’être plus facilement admise à l’université
de Rennes 2 pour préparer le diplôme
national de guide interprète.
Au cours de ses stages, elle travaille
pour CDB-tourisme, une agence de Saint-
Malo, qui emploie une vingtaine de guides
pendant l’été. Depuis, Elsa fait régulièrement
visiter aux touristes étrangers le Cap
Fréhel et Dinan, le Mont-Saint-Michel et
Saint-Malo… Une journée en car avec une
trentaine de personnes. Chaque groupe
est différent. Elsa doit s’adapter très vite.
« Chaque jour, c’est un challenge. C’est
gagné quand les gens commencent à
rire. »
Elle prépare chaque visite avec soin.
Mais pas question pour Elsa d’utiliser ses
notes devant les touristes. Elle ne doit pas
non plus réciter une leçon apprise par
coeur. Ni assommer son public avec trop
de dates. « Il ne faut pas ennuyer les gens
qui, eux, sont en vacances. Certes, ils
sont avec moi pour apprendre, mais pour
se détendre aussi. À moi de m’adapter à
eux selon l’intérêt qu’ils montrent. »
Difficile de rester insensible face au dynamisme
d’Elsa. « Je parle volontairement
fort, un peu comme si j’étais au
théâtre. Un guide fait toujours un peu le
spectacle ! S’il m’arrive de tousser, des
touristes m’offrent souvent un bonbon !
Une bonne élocution est obligatoire.
Sans oublier l’humour. » Ses propos, en
anglais ou en italien, sont clairs, pour attirer
son auditoire.
Pendant ses visites, Elsa doit avoir réponse
à tout. Sur l’histoire, la culture, mais
aussi sur la vie quotidienne des Français.
Sans éluder les questions pratiques : où
sont les toilettes ? Où est la poste ? Pendant
les balades, elle regarde souvent sa
montre pour ne pas arriver en retard au déjeuner
prévu. Au restaurant, elle fait parfois
gentiment accélérer la cadence quand les
convives s’attardent. Toujours pour respecter
les horaires du programme. S’il fait
trop chaud ou trop froid dans le car, c’est
elle qu’on ira voir pour régler le problème.
Pour un touriste étranger, un voyage sera
réussi si le guide a été bon.
Ouest-France, Joël CRUSSON.
Durée des études
Trois ans après le bac
pour avoir le diplôme
de guide interprète national.
Deux ans pour
celui de guide interprète
régional.
Coût des études
Droits d’inscriptions
dans les universités
pour préparer en un an
le diplôme de guide interprète
national : 825 €
en moyenne.
Salaires
Un guide est payé à la
visite ou à la journée.
Pendant la saison touristique,
il peut toucher
de 1 100 € à 1 650 € net
par mois. À ajouter : les
pourboires.
Embauches
Environ 500 emplois se
dégagent chaque été en
France. On reste guide
interprète pendant environ
dix ans avant de se
reconvertir.
Localisation
Un tiers des guides interprètes
travaille à Paris.
Nombreux emplois
aussi sur la Côte d’Azur
et dans l’Ouest dans les
agences spécialisées,
les Offices de tourisme,
les tours opérateurs…
Profil
Avoir de l’humour. Être
disponible, souriante,
pa tien te, attentionnée.
Ai mer les contacts,
les déplacements fréquents.
Avoir une bonne
forme physique et une
excellente élocution.
Comment faire pour devenir guide interprète ?
Il existe deux catégories de guides.
Le guide interprète national travaille sur
toute la France et à l’étranger. Un diplôme
à bac + 3 est obligatoire.
La carte professionnelle de guide interprète
régional est attribuée après un examen,
aux titulaires du BTS tourisme, animation
et gestion touristiques locales.