Le nombre d'emplois temporaires a continué à se redresser en octobre à 535.400, a annoncé mercredi Pôle emploi, mais "très loin" du pic de 734.000 d'avant la crise et "on ne peut toujours pas conclure à une reprise de l'intérim", selon la fédération du secteur, le Prisme.
Les
intérimaires, majoritairement des hommes, jeunes et ouvriers, ont été frappés de manière historique par la crise, mais n'ont droit ni aux mesures de chômage partiel ou de reconversion, et à une indemnisation courte voire nulle.
A fin octobre, en données corrigées des variations saisonnières (CVS), le nombre moyen de
missions d'intérim s'est établi à 535.400 (+3% sur un mois et -11,4% sur un an), a indiqué dans un communiqué Pôle emploi, qui a repris le service de production statistique du régime d'assurance chômage (Unedic).
40% des intérimaires travaillent dans l'
industrie, les trois quarts (77,6%) sont
ouvriers contre une minorité d'
employés (12,9%) et de
cadres (9,4%).
La majorité (71,9%) sont des
hommes, la moitié ont moins de 30 ans (50,1%) même si la part des autres tranches d'âge a progressé comparé à 2008, selon les chiffres Pôle emploi-Unedic.
En octobre tous les secteurs d'activité ont davantage fait appel à l'intérim, sauf l'agroalimentaire.
Haute-Normandie, Franche-Comté, Centre, Bretagne et Pays de Loire sont les cinq régions ayant eu le plus fort taux de recours à l'intérim, selon la même source.
Début 2008, la France comptait plus de 730.000 intérimaires en données CVS, selon cette série statistique.
A partir de mars 2008, leur nombre a littéralement plongé et dix années de hausse continue du
travail temporaire ont été effacées en un an.
Le Prisme, qui mesure la conjoncture du secteur selon une autre méthode, n'observe pas de reprise mais "plutôt une stabilité avec quelques frémissements régionaux, comme en Franche-Comté ou Limousin, ce qui crée de petites hausses au plan national, mais ce n'est pas un mouvement de fond", a commenté le délégué général du Prisme, François Roux, auprès de l'AFP.
Le Prisme dispose des données de novembre montrant une casse plus limitée sur un an (-14%) alors que de janvier à juillet, la baisse des effectifs dépassait les 30%, mais selon M. Roux, "il y a un effet d'optique considérable puisqu'on se compare sur un an à des mois déjà fortement dégradés. Il faudrait plutôt comparer à 2007".