Ludovic Bertrand a démarré comme apprenti. Il est aujourd’hui patron d’un garage. Il réalise un beau parcours dans la réparation automobile, un secteur où le personnel qualifié est particulièrement recherché.
C’est parce qu’il n’y avait plus assez d’élèves dans la classe d’automatisme, au lycée professionnel Chaptal de Saint-Brieuc, que Ludovic a bifurqué vers la mécanique auto. Apprenti à la chambre de métiers de Ploufragan (Côtes-d’Armor), il garde un excellent souvenir de son premier patron, à Saint-Brieuc. Il y restera huit ans, jusqu’en avril 2000, le temps d’apprendre les bases de la réparation et de l’entretien des voitures.
Après un petit essai dans le poids-lourd, « trop ingrat », Ludovic va travailler encore neuf mois dans un garage avant de s’installer à son compte. En mai 2001, à 26 ans.
Pourquoi ? « L’inconscience », sourit-il, même s’il dit ne rien regretter. Il achète, 9 000 €, un fonds de commerce à Trémuson, pas loin de Saint-Brieuc. Au bout d’un an, « pour ne pas se sentir seul », il prend « le panneau de la franchise AD ». Aujourd’hui, il emploie un salarié, plus son épouse à mi-temps qui tient les comptes, et deux apprentis.
Le boulot ne manque pas. Son métier, il l’a appris en grande partie sur le tas, après son CAP-BEP. « Mais je regrette de ne pas avoir été jusqu’au bac pro. Maintenant, c’est un minimum. » Alors Ludovic se forme régulièrement au GNFA. Une chance, ce centre remarquable est à Ploufragan. « En ce moment, je suis une formation diesel, deux jours par mois. »
Il vaut mieux se tenir au courant, au rythme où évolue la technologie automobile : freinage ABS, climatisation, électronique de plus en plus « envahissante »… Surtout que Ludovic est multimarques, en plus de l’entretien courant (vidange, frein, embrayage), il doit savoir diagnostiquer des pannes complexes. L’informatique l’aide beaucoup, ne serait-ce que pour bien commander les pièces.
Le mécanicien travaille avec sa tête avant de « mettre les mains dans le cambouis ». Ludovic n’hésite pas à rouler avec le client. Et si la réparation s’annonce importante, il fait un devis. « Chez moi, si ça ne marche pas, le client ne paye pas. »
Avec une clientèle composée à 75 % de voisins de Trémuson, Ludovic sait bien que le contact est important. Il lui faut être à la fois bon technicien et bon commerçant. D’où ses tarifs, plutôt meilleur marché que dans les « grands garages ». Ouvert de 7 h 30 à 19 h et le samedi matin, il ne compte pas son temps. Il entretient même des ambulances, le soir. « Mais, à son compte, on ne stagne pas. » La preuve, il envisage de déménager son garage dans la zone industrielle voisine.