mardi 13 octobre 2009
Métiers de la musique : trouver sa voie
Travailler dans le monde de la musique sans être un artiste, c'est possible. La palette de métiers est large. Petit tour d'horizon avec Julien Nicolas, responsable du centre de ressources du Vip.
• Scène ou studio
Qui dit musique dit son. Sa restitution, son enregistrement, sa diffusion dépendent du travail de techniciens du son. Comme dans beaucoup de métiers de la musique, Julien Nicolas distingue deux grandes catégories : la scène et le studio. Néanmoins, dans les métiers de la musique, les choses sont rarement figées. « Ce sont bien deux métiers différents, mais la polyvalence existe. Un technicien qui suit un groupe en tournée peut être aussi celui qui assurera l'enregistrement en studio. »
• Technique ou administration
Ce sont les deux autres grandes catégories des métiers de la musique. A côté des techniciens son et lumières, des machinistes, il y a tous les administrateurs, gestionnaires et autres communicants.
• Le terrain
S'il y a une règle c'est bien celle-ci. Les pros de la musique ont tous leur parcours singulier. Mais le bénévolat pour une association qui organise des concerts, un festival d'été, etc. reste un passage quasi-obligé. « Ça permet de se faire la main sur l'aspect technique. Beaucoup sont autodidactes », explique Julien Nicolas. Et puis, c'est aussi l'occasion d'appréhender la réalité, pas toujours rose, d'un milieu souvent fantasmé.
• Des formations, quand même
Encore une fois, pas de profil type pour intégrer une formation technique. Les bacs scientifiques paraissent a priori les mieux adaptés. Mais certains bacs pros, en électricité par exemple, font aussi très bien l'affaire. Après, la formation sur le tas, indispensable, ne suffit pas. Julien Nicolas distingue « deux temps de formation : des formations très courtes, pour découvrir le métier, et des formations longues, d'un ou deux ans, pour approfondir des techniques spécifiques. » Quant aux métiers de « diffusion, accompagnement de groupes, programmation, il n'y a pas de formation. » Là encore, c'est l'expérience associative qui y conduit.
Pour les métiers de la communication, il existe des formations universitaires, notamment des IUT Infocomm (information et communication). Enfin, il est une catégorie pour laquelle les formations universitaires longues pullulent : l'administration culturelle, pour devenir par exemple gestionnaire d'un lieu de spectacles ou d'un label. Pour bien faire son choix, il faut étudier les enseignements spécifiques qui se cachent derrière des intitulés de formations très généralistes.
• Réseaux et statuts
Avec « l'explosion des formes de diffusion musicale, des pratiques d'écoute et du nombre de groupes, le secteur a tendance à se formaliser ».
Mais il conserve encore un caractère très informel. Pour les métiers techniques, l'intermittence domine. Avec son corollaire, la précarité. D'où l'importance de se créer un réseau de relations, de connaître tous les acteurs d'un territoire. « Un technicien intermittent peut avoir 30 ou 40 employeurs différents, prévient Julien Nicolas. Il ne faut pas avoir peur d'une certaine instabilité. »
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Didier BLIN, Ouest-France