Quitter les bancs de l’école pour entrer dans le monde du travail est souvent une épreuve pour les jeunes. Chômage, stress et confiance alternent dans cette période charnière.
Sonia, 24 ans, RennesMon arrivée sur le marché du travail devait s’effectuer sereinement. J’estimais que j’avais fait un bon stage de longue durée dans une banque. Ce stage, je l’avais pris comme un premier emploi après mon master de communication. Honnêtement, je m’attendais à ce que ça continue.
Mais non. Ça fait bientôt six mois que je cherche du travail et je n’ai pas eu un seul entretien d’embauche. La fac, ça ne prépare pas du tout à ça. Les profs ont les listings des anciens élèves mais ils ne nous les donnent pas. Créer un réseau d’entraide faciliterait la transition que j’imaginais moins dure. Le moral est en dents de scie. Souvent, ça va mieux après avoir pleuré un bon coup.
Romain, 24 ans, BruxellesJ’ai trouvé mon stage dans une station d’épuration sur l’intranet de mon école d’ingénieur. Grâce à ma formation pratique, j’étais opérationel. Les dirigeants de l’entreprise ne voulaient pas recruter de gens issus de la fac car il fallait les former. Débrouillard et futur ingénieur, ça n’a donc pas posé de problème. Après le stage, j’ai enchainé sur de l’intérim dans la même entreprise. Je n’ai eu qu’un mois de chômage que j’ai pris comme des vacances. Je me suis laissé porter par le mouvement. Ensuite, j’ai signé mon CDI.
Claire, 25 ans, LorientJ’ai quitté la fac pour l’IUFM après ma licence afin de devenir institutrice. Tous les lundis, j’étais en stage dans les écoles. Cet enseignement par alternance s’est bien passé. Je n’ai pas senti la transition. Quand j’étais à l’IUFM, je savais que j’aurais un poste à la sortie. Je ne me disais pas que je serais au chômage un jour. Dès ma première rentrée en tant qu’instit, j’ai retrouvé des collègues de l’année dernière avec qui on discute. Ça aide
à franchir le cap. Être instit, c’est tout de même de la pression et du stress.
Je fais face aux parents et je pense à bien faire pour les enfants. Travailler, c’est rentrer dans un moule. Je ne suis pas mariée, je n’ai pas d’enfant. Je suis peut-être encore étudiante
dans ma tête.
Jean, 30 ans, Larmor-PlageEn 2006, je suis retourné dans le lycée où j’avais passé mon bac électrotechnique six ans auparavant. Le directeur m’a proposé un BTS que j’ai décroché. Avec ce diplôme, je voulais travailler dans un bureau d’études. J’étais confiant à la fin du cursus. Je me suis permis deux mois de vacances l’été et j’ai tout de suite eu des entretiens en septembre. Je m’orientais vers le domaine porteur des énergies renouvelables. Je ne pensais pas que je galérerais autant pour trouver un premier emploi.
Je suis inscrit à l’ANPE depuis décembre. Je tente ma chance en intérim. Au bout de leurs missions, certains jeunes sont pris en CDD et en CDI. Je m’aperçois qu’il ne faut pas hésiter à passer par la petite porte. Mais je suis quand même content d’avoir repris mes études.
Dossier : Cécile ROUSSEAU.
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