Pourquoi ce moment est-il souvent difficile à vivre ?Les jeunes essuient les plâtres de nos inégalités sociales. L’entrée dans le monde du travail coïncide avec un moment d’émancipation. Il leur faut régler la question du logement, la question du travail…
Pour ceux qui sont soutenus par les parents, c’est beaucoup plus facile. Or, 15 à 20 % des jeunes n’ont pas de soutien. En France, on s’appuie sur la famille, ce qui explique qu’avant 25 ans les jeunes sont des enfants et pas encore des citoyens. En Scandinavie, à 18 ans, ils ont une aide gouvernementale pour le logement, pour la formation. Chez nous, le soutien public est très faible et on s’en remet à la famille.
C’est une catastrophe en matière de politique pour les 18-25 ans.
Que faire pour aider les jeunes dans leur insertion ?Les choses doivent se penser à l’échelle des bassins d’emploi ou des départements. Mettre en place des passerelles entre le monde des métiers et les études est indipensable. Il faudrait permettre à des gens qui ont fait deux ans de fac sans résultat de passer un BEP ou un bac pro. On devrait organiser des forums des métiers, offrir des stages, des jobs dans les collectivités et les entreprises.
Avec le Crij (Centre régional d’information jeunesse), on a interrogé les jeunes et on a découvert qu’un sur six voulait créer son entreprise. La région pourrait les soutenir, les départements aussi.
Aujourd’hui, c’est plus dur ?Oui, mais cette situation n’a pas toujours existé. En mai 68, 15 % des jeunes étaient étudiants. Aujourd’hui, les trois-quarts sont étudiants et un quart travaille. On a allongé le temps des études et l’entrée dans le monde du travail se fait plus difficilement. Statistiquement, les jeunes sont moins riches qu’autrefois. L’écart a été multiplié par quatre en trente ans entre les salaires des jeunes qui entrent sur le marché du travail et les quinquagénaires.
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